Le système en vigueur sous Auguste se présente de la manière suivante. Il s'agit d'un système bimétallique comportant des monnayages en or et en argent, basés sur un rapport d'environ 1/12 entre les deux métaux. Il faut 25 deniers de 3,75 à 3,80 gr pour un aureus d'environ 7,70 à 7,85 g. Ce monnayage d'Etat en or et en argent fut complété par des émissions en d'autres métaux: non seulement en bronze, mais aussi en cuivre et en laiton; elles sont dépourvues de système, bien qu'elles couvrent quelquefois des territoires plus vastes que des provinces, d'où leur appellation de monnayages régionaux majeurs pour les distinguer des monnayages d'Etat. A cela il faut ajouter les tétradrachmes d'argent, réservées à la partie orientale de l'Empire. On les appelle « cistophoriques » parce que ces pièces avaient, en Asie, représenté la cista sacrée, c'est-à-dire le coffre de Dionysos, encore présent, entre ses gardiens (des serpents), sur les pièces d'Antoine.

a) As d'Auguste avec contremarque. Lyon (10-3) b) Sesterce d'Auguste. Rome, 17 a.n.è. c) Aureus d'Auguste. Lyon (11-9) d) Denier d'Auguste, pater patriae. Lyon (2 a.n.è.)
Contrairement à ce qui a souvent été écrit, Auguste ne devait pas partager avec le Sénat l'autorité et le contrôle du monnayage. Selon les recherches les plus récentes, il avait une autorité absolue sur tout le monnayage émis à l'intérieur des frontières de l'Empire depuis l'Espagne jusqu'à l'Egypte et l'Asie mineure en quelque métal qu'il fût fabriqué. De même l'empereur contrôlait les mines d'où furent extraits les métaux du monnayage.
A peine au pouvoir depuis quatre ans, Auguste élabora une réforme du monnayage d'appoint, celui même dont on voulait le priver au profit du Sénat, dans l'ancienne conception de la division planifiée d'après les métaux. Certes, les initiales SC omniprésentes pouvaient faire croire au caractère sénatorial des dénominations réformées émises depuis l'an 23 ou peu après par l'atelier de Rome, enfin rouvert. Qu'on ne s'y méprenne point: Auguste aime montrer quels honneurs et pouvoirs lui furent confiés par la haute assemblée. Dorénavant l'as (env. 11 g), pourvu de l'effigie d'Auguste, serait fait en cuivre de même que ses sous-multiples, les quadrantes (3g). Les multiples seraient exécutés dans le métal qui fit ses preuves sous Jules César, le laiton (orichalcum): les dupondii et les sesterces pèseraient respectivement 12,5 g et 25 g.
La couronne civique en constituait le type. Tout comme les lettres SC, le nom du monnayeur est présent sur le revers des quatre dénominations. De même que sur les aurei et les deniers qui suivirent bientôt et dont une face se référait, suivant la tradition, au monetalis, l'autre étant maintenant réservée au portrait d'Auguste ou, comme en 16 a.n.è, aux monuments et inscriptions publiques réalisés en son honneur.
Source : BAERTEN, Jean. - Vingt-six siècles de monnaie européenne: du statère a l'E.C.U.