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Sébastien Fally

La réforme de Dioclétien (294): l'argenteus et le follis

Dioclétien réalisa, lui, la réforme la plus radicale de toute l'histoire romaine. Il ne le fit pas seul car, dès 293, il avait un co-auguste (Maximien) et deux Césars (Galère et Constance), de sorte que le gouvernement de l'Empire fut entre les mains de quatre personnes.

Cette tétrarchie eut à combattre un usurpateur, Carausius, en Bretagne où il frappa aussi monnaie, notamment à Londres; sa dénomination la plus originale, l'argenteus, fut incorporée dans la réforme dioclétienne. Cette nouvelle pièce d'argent, qui valait l/96e de la livre (XCVI au revers), dépassait quelque peu les 3 g; elle constitue, tout compte fait, un retour au denier de Néron, mais ne fut pas émise en grandes quantités. Plus neufs et plus abondants furent les folles, pièces d'environ 10g qui tout en étant en cuivre contenaient tout de même un peu d'argent (4%).

Les réformes de Vespasien (69) et de Trajan (107)

Une nouvelle période de stabilité commence avec l'empereur Vespasien, grand réformateur de l'Etat romain et de son monnayage. Avec lui le monnayage devint annuel – par souci de maintenir la liquidité à un bon niveau – et fut à nouveau concentré à Rome, afin d'en assurer un meilleur contrôle. Si les ateliers d'Orient continuèrent à fonctionner jusqu'à la fin du Ile siècle (Alexandrie, Antioche, Césarée, sans oublier les tétradrachmes d'Asie mineure et les monnayages d'aes dans les villes de Grèce orientale), la grosse masse du monnayage impérial sortit de l'atelier de la capitale. La répercussion, sur le plan typologique, de la planification fut une indépendance plus grande par rapport aux événements avec la conséquence inévitable d'une certaine monotonie: les mêmes dieux (Mars), les mêmes invocations (concordia, felicitas, pax) se répètent.

Lyon, un atelier gaulois

Il s'en faut de beaucoup que l'atelier de Rome, remis en honneur par Auguste, fût l'unique et le plus important à cette époque. Comme en Espagne au début de son règne, Auguste émit un monnayage militaire pendant son séjour de trois ans en Gaule, à Lyon (Lugdunum) plus particulièrement, centre situé à mi-chemin entre les mines d'Espagne et le Rhin.

Les chiffres romains ne peuvent être confondus avec des marques de valeur, mais désignent seulement les acclamations d'Auguste comme imperator (IMP X = 5 a.n.è, IMP XIII = 9 A.n.è), ce qui est tout à fait normal pour un monnayage militaire. Entre-temps, en l'an 10, le grand Autel de Rome et d'Auguste fut dédié en présence de l'empereur.

Le système augustéen

Le système en vigueur sous Auguste se présente de la manière suivante. Il s'agit d'un système bimétallique comportant des monnayages en or et en argent, basés sur un rapport d'environ 1/12 entre les deux métaux. Il faut 25 deniers de 3,75 à 3,80 gr pour un aureus d'environ 7,70 à 7,85 g. Ce monnayage d'Etat en or et en argent fut complété par des émissions en d'autres métaux: non seulement en bronze, mais aussi en cuivre et en laiton; elles sont dépourvues de système, bien qu'elles couvrent quelquefois des territoires plus vastes que des provinces, d'où leur appellation de monnayages régionaux majeurs pour les distinguer des monnayages d'Etat. A cela il faut ajouter les tétradrachmes d'argent, réservées à la partie orientale de l'Empire.

Une monnaie d'origine romaine: le dinar yougoslave

Le denier romain, pièce d'argent pesant, au début du Ille siècle avant notre ère, 4 gr 5, perdit beaucoup de son poids au cours de sa longue vie qui ne se termina qu'au XVIIIe siècle. Son agonie, il la vécut sous un accoutrement de cuivre, introduit sous Henri III (1574-89) en France, parce que c'est à peine s'il contenait encore une poussière d'argent.

Qu'est-ce qui détermina d'abord la Serbie, en 1873, et ensuite la Yougoslavie, en 1945, à s'inspirer de ce moribond? Le nom lui-même de leur unité monétaire -le dinar -montre que le modèle choisi fut en fait le dérivé arabe de l'ancien denier romain. En effet, si en Iraq et en Jordanie le dinar constitue l'unité monétaire, c'est parce que les Arabes frappèrent des dinars au moyen âge. Il s'agissait alors de pièces d'or, signification que le mot dinar eut encore toujours en Perse au XVIIIe siècle.

 

Annia Aurelia Faustina

Annia Faustina, descendante de Marc Aurèle, fut la troisième épouse de l'empereur Héliogabale. Il l'épousa pour quelques mois en 221, avant de la répudier. Faustina était la fille du consul Tiberius Claudius Severus Proculus et Plautia Servilla :

  • Grands-parents paternels : Annia Aurelia Galeria Faustina et consul Gnaeus Claudius Severus Arabianus.
  • Grands-parents maternels : Aurelia Fadilla et consul Marcus Peducaeus Plautius Quintillus.

 

Evolution du régime tétrarchique

La Tétrarchie est un système mis en place par Dioclétien à la fin du 3e siècle pour faire face aux invasions barbares.

Ce mot, venant du grec ancien, signifie littéralement « quatre gouvernement »

La première Tétrarchie, dominée par Dioclétien, fonctionna parfaitement.

Elle est le résultat d’une approche pragmatique de l’imperium par Dioclétien : l’Empire doit faire face à trop de menaces pour être tenu par un seul homme.

Les Usurpateurs

Un usurpateur romain est une personne, souvent un soldat ou un général, qui s'autoproclame ou se fait acclamer Auguste par ses soldats, la garde prétorienne ou le Sénat, et qui s'oppose au gouvernement de l'empereur en fonction.

Bon nombres d'empereurs ont pris le pouvoir de cette manière, cependant vous ne pouvez pas les voir sur cette page si il on su le garder ! Ils sont par conséquent sur la liste des empereurs.

Diminution des poids

Avant d'aborder le monnayage impérial entrons quelques instants dans certains détails métrologiques que nous avons tus, tant les événements politiques que les monnaies reflètent avec fidélité nous tenaient en haleine. L'aureus montra une nette tendance à la baisse à partir du moment où il fit partie de façon permanente du système: si l'aureus de Sylla pesait encore près de 11g, ceux de Pompée en avaient 2 de moins et, sous Jules César, c'est à peine s'il dépassait encore les 8 g, étalon qui fut maintenu par Antoine et Octave.

Les premiers portraits romains

a) Aureus d'Antoine; au revers Jules César, 43 a.n.è.
b) Denier à la tête de Junon Moneta. Rome, 46 a.n.è.

Pourquoi ne l'aurait-il pas, alors que ses adversaires en Espagne en émirent un de Pompée, posthume il est vrai? Jules César serait, lui, représenté de son vivant – une primeur – et il le sera encore après la mi-Mars 44, date à laquelle Brutus mit fin à la carrière fulgurante du dictateur perpétuel.