Voyons bien claire, ici on ne parlera pas d’un morceau de tissu que les juifs portaient sur leur vêtement au Moyen Âge en France et en Afrique du Nord ni de la recette de rouelle de porc aux pommes de terre (bien que Obelix ne serait pas contre).
Depuis une vingtaine d'années, les rouelles sont devenues des objets très à la mode, parmi les "celtisants". Cet engouement s'est bien évidemment traduit par une diffusion de cette culture au travers des « mass médias », qui invariablement en retiennent les productions les plus commerciales, et donc pas toujours de la meilleure qualité.
La plus part des gens catalogues dans le mot « Rouelle » tout objet de petite dimension ayant une configuration circulaire. Ce qui est totalement faux !
Cela viens du fait que beaucoup de personnes voudraient y voir des objets gaulois, là où il s’agit généralement d’objet industrielle ou ayant une utilisation autre et peut connue. Ça fait rêver les gens de posséder des objets celtique, alors que d’autre pour vendre au prix le plus fort1un objet banale et sans importance2 profite de la crédulité des ses gens naïfs3.
En fait de rouelle, on inventaire le plus souvent en ce terme les fusaïoles, les objets usiné, et d’autre brols de ce genre. Bref on catalogue les objets ressemblant de près ou de loin à une roue.
Il est assez difficile de définir une rouelle, car les archéologues et les prospecteurs sont très partagés à ce sujet.
En règle générale, une rouelle est un objet circulaire ayant plusieurs rais (rayon) ou non, lisse ou ouvragé, fait essentiellement de plomb, de potin ou de bronze, qui était utilisée du deuxième millénaire avant notre ère jusqu’à l’époque mérovingienne, Au diamètre très variable (du cercle de 5 cm à la perle).
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A 4 rais en potin
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6 rais en bronze Gauloise
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Gaulle / Rouelle à rayons en OR
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4 rais en plomb
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Il a été retrouvé énormément de rouelles aux formes très différentes. A tel point que dans les catalogues spécialisés, le titre mentionne souvent : "Rouelles et objets assimilés".
Il est à noter, que les rouelles à rayon gauloise, en règle générale, date du premier siècle avant Jésus-Christ au deuxième siècle après Jésus-Christ.
Quant à sont utilisation plusieurs hypothèses sont posée :
La rouelle est, selon certains, une monnaie primitive (pré-monétaitre) et emblématique d'un appauvrissement des valeurs (échange). Ce sont donc des monnaies en tant que masse métallique.
Cette hypothèse est certainement fausse !
Certain de ces objets ne sont pas sans valeur pour les Celtes, car beaucoup de rouelles sont retrouvées sur des lieux de cultes. Ceci donne à considérer que certains ces objets son donné en offrande aux divinités.
En effet, traverser une rivière ou un lieu sacré, faire une demande à un dieu est souvent accompagné d'un présent. Probablement que sa forme symbolise la roue solaire et le cycle de la vie.
De nombreuses rouelles ont été trouvées dans les boues de curetage des fontaines4.
Parfois, un grand nombre de rouelles en bronze ont été trouvées loin de toute source; l’analyse des sols permet de savoir qu’en ces endroits se levaient il y a longtemps, de grands arbres ; peut-on supposer qu’en guise d’offrande, nombre de ces rouelles étaient suspendues aux branches de ces arbres ?5
Il est possible que ses rouelles fussent une offrande à Taranis le dieu « non-romanisés » des Gaulois qui était la divinité du tonnerre et du ciel comparable au dieu Jupiter sans toutefois avoir sa prédominance. Sa particularité était la roue.
On le retrouve dans certains textes :
Toi aussi, tu t'es réjoui que les combats aient changé de théâtre, Trévire, et toi, Ligure, maintenant rasé, gracieux jadis avec tes cheveux flottants sur la nuque et préféré à toute la Gaule chevelue, et ceux qui apaisent par un sang horrible le féroce Teutatès, le hideux Esus dans ses sauvages sanctuaires, Taranis aux autels non moins cruels que ceux de la Diane scythique.
Lucain : La guerre civile (Pharsale), I, 441-446, trad. : A. Bourgery, 1926, Paris, Les Belles Lettres.
A I 445 : Sanguine diro Teutates horrensque feris altare) Mercure est appelé dans la langue des Gaulois Teutates, celui que est honoré par du sang humain. Teutates ainsi est appelé Mercure qui est honoré chez les Gaulois par des victimes humaines. Ainsi est honoré Mercure Teutates chez les Gaulois : un homme est précipité tête en avant dans un tonneau plein afin qu'il suffoque. Esus Mars est honoré de cette façon : un homme est suspendu dans un arbre jusqu'à ce que ses membres se détachent. Taranis Dis Pater est honoré de cette façon : quelques hommes sont brûlés dans un baquet en bois. Nous trouvons cela exposé d'une manière différente chez d'autres auteurs. Teutates Mars est honoré d'un sang terrible, soit parce que les batailles sont organisées par la divinité selon sa propre inspiration divine, soit parce que les Gaulois jadis étaient accoutumés à immoler pour d'autres dieux des hommes aussi. Ils croient en un Esus Mercure, si celui est honoré par les commerçants, et ils tiennent Taranis Jupiter pour le dieu qui préside à la guerre, et des plus grands dieux du ciel ; il était accoutumé jadis à recevoir en offrande des têtes humaines, maintenant il se contente de bétail.
Scholies bernoises sur Lucain, La guerre civile
L’aspect finement ouvragé de certaines rouelles en or suggère un « bijou », que son usage soit purement esthétique, ou l’exercice d’une fonction politique ou religieuse.
Par exemple : La rouelle en forme de triskèle peut-être associée à un bijoux.
Les bijoux ne sont pas seulement destinés à "embellir", ils peuvent également justifier la richesse des Celtes qui les portent.
Les bijoux comme l'ensemble du costume, servent à montrer la richesse ou la pauvreté de la personne qui les porte.
Il est possible que la rouelle indique le statut social l’individu dans la société. Cela serait une explication plausible quant au faite qu’il en existe de plusieurs matière (or, bronze, plomb,…).
L'unité sociale celte était la tribu. La société était divisée en classes : la noblesse regroupant les familles dirigeant chaque tribu, des fermiers libres qui étaient également soldats, des artisans et des esclaves. Dans la "société" celte, nom d'ailleurs qui n'avait certainement aucun sens pour eux, l'organisation générale tournait autour d'une cinquantaine de "nations", petits royaumes autonomes. Ces petits états sont les "civitates" dont parle César. Chaque "civitas" gauloise, est le résultat d'un groupe ethnique différencié et de son territoire. Les plus grandes, tels les Eduens, les Arvernes, les Bituriges sont composées de plusieurs "tribus". Mais généralement, ce sont 4 "tribus" qui constituent la nation. Ce chiffre est important, l'Irlande celtique était composée de 4 provinces plus une, au centre, ou siège le Grand Roi.
La Tribu a été l'organisation sociale de base, fort ancienne, les liens de parentés sont puissants. Son territoire est approximativement le territoire parcouru par un homme à cheval en un jour.
Dans la tribu, 4 catégories d'hommes :
En fait de rouelle, ce que nous découvrons le plus fréquemment sur un site archéologique ou en détection sont des volants d'inertie de fuseaux de fileuse : les "fusaïoles".
La fileuse faisait tourner le fuseau entre ses doigts et pour augmenter à son efficacité, elle augmentait l'inertie de l'objet en y enfilant ces anneaux de plomb !
Le principe de la fusaïole ne date pas de maintenant... Son emploi remonte à plus de 6000 ans avant notre ère, cependant la forme que nous rencontrons le plus en recherche n'est souvent pas antérieure au XVIème siècle. La majorité de celles que nous trouvons dateraient même du XIXème siècle.